Carpe Diem?

Carpe Diem?
Assise sur le toit de ma chambre, autant dire le toit du monde.
A
regarder les voitures passer.
La
clope au bec.
Je
déteste ce sale gout de tabac.
Ma
is il m'apaise.
Co
ntempler.
Tout est figé, immense.
N'ê
tre rien, mais à la fois tout.
Se
sentir vivante.
E
t pour une fois, oui pour une fois
Ne
penser à rien.
Jus
te capter l'instant présent.
Ni passé ni avenir pour obsurcir mes pensées.
La BO de Trainspotting à fond.
Iggy Pop déchainant ses cordes vocales.
Lou Reed apaisé.
Transe.
"Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là, simple et tranquille."
Me
sentir vivante.
O
ui, vivante.
A
paisée.
L
es yeux mi-clos.
De
puis combien de temps, déjà?

C'est l'heure.
Redescends.


Pix by: Ma gueule
Modèle: You see it's not the wings that make the angel...


Ez3kiel: Preface

# Posté le jeudi 14 juin 2007 13:56

On peut caresser des idéaux sans s'éloigner d'en bas...

On peut caresser des idéaux sans s'éloigner d'en bas...
Parcequ'en ce moment je suis en manque de quelque chose, je sais pas bien quoi... Je comble comme je peux ce vide avec quelques bouts d'évasion... Italie, mon amour.
Je me repasse tous les films italiens qui trainent chez moi. En VO, bien entendu, sinon ça ne sert à rien... J'veux parler italien, j'veux rouler les "r", ponctuer mes phrases de cet accent chantant qui me donne le sourire quand j'entend quelqu'un s'exprimer dans cette langue. Me replonger dans mes racines, maintenant qu'il est trop tard pour revenir à la source...
J'aimerai tellement reprendre des cours avec cette prof que j'aimais tant... On discutait ciné, elle nous passait des films en cours à la fin de l'année...
Padre Padrone, Cinema Paradiso... J'en souris bêtement, tant ces films sont restés ancrés en moi par la suite.
Seulemet voilà, les seules langues vivantes proposées en option à la fuck (hors l'anglais, qui est obligatoire), sont l'espagnol et l'allemand... Injuste, vous avez dit?
Alors, pour assouvir cette soif, j'ai revu pour la énième fois l'oeuvre de
Marco Tullio Giordana: La Meglio Gioventù, ou Nos Meilleures Années si vous préférez, fresque d'une famille italienne, des années 60 à nos jours, dans l'esprit de 1900, de Bernardo Bertolucci... 6 heures de pellicules à visionner au moins une fois dans sa vie. Ca fait partie de ces films cultes, que l'on voit de génération en générations.
Pas de longueurs inutiles, pas de sentiments faciles... C'est... humain. C'est une famille comme la notre, avec ses drames et ses retrouvailles... Sublime.
Vraiment.




Extrait (je n'ai pas trouvé de vidéo):
D'abord, une affiche. Une paire d'yeux en noir et blanc. Des yeux profonds, immenses, qui semblent nous toiser, qui semblent le toiser, et qui le figent, instantanément. Comme happé par ce regard qu'il n'a que trop connu, ou plutôt pas assez connu, qu'il aurait du prendre le temps de mieux connaître. Une exposition de photos.
Grande salle aux murs blancs aseptisés. Ici et là, quelques photographies, immenses, toutes en noir et blanc, sans doute pour mieux exprimer la souffrance ou le quotidien morne de ces âmes meurtries.
Nicola déambule, découvre, cherche... Et derrière l'une d'elles, il Le voit. Musique en crescendo, travelling lent sur le visage de Nicola puis finalement pour aller se placer derrière lui, offrant un plan d'ensemble.
Matteo.
Les yeux de Matteo. Etaient-ce ceux-là qui l'avaient regardé, ce premier janvier d'il y a huit ans ? Etait-ce dans ces yeux-là que Nicola n'avait jamais su plonger assez profond pour réellement découvrir la détresse de son frère, cette même détresse qu'il a ensuite cherché à guérir chez ceux qui en avaient besoin en devenant médecin psychiatre? Voilà que ces yeux le jugent maintenant. Matteo, surgi d'entre les morts. Matteo, ce frère qu'il n'a jamais vraiment compris. Matteo, qu'il n'a pas pris le temps d'écouter ce soir-là, en fermant la porte et en l'effaçant à jamais...
« Buon anno »...
Cette année-là, Matteo s'était suicidé. Alors cette photo, huit ans après... Etait-ce un signe?
Sur cette photo, il le découvrira plus tard, un titre, quatre mots, quatre mots plein de sens, pesant toute la misère d'une vie, tout le mal-être de l'existence, malaise récurrent dû à la sensation de ne pas être à sa place, jamais:

"Matteo quando era Nicola"



Elle est terrible, cette séquence.
Moi, je ne peux m'empêcher de pleurer en la regardant. Comme si le réalisateur avait voulu exprimer toute la douleur du monde, à travers cette renaissance. J'en ai des frissons tellement l'image est forte. Si, tout au long de ces six heures de film, je ne devais retenir que les scènes les plus poignantes, je pense que celle-ci en ferait partie. Indéniablement.
Les yeux de
Matteo, si bleu et si profonds. Le sourire de Nicola, si sincère et communicatif. Les mains de Giorgia. La douleur de cette mère, qui me rapelle tant ma grand-mère, quand je regarde ses yeux tristes, même quand elle sourit...


Une famille italienne.
Deux époques.
Des vies marquées à jamais.
Deux frères.
Incompris.
Mais qui s'aimaient pourtant.



Montage by: Ma gueule
Modèle: La fameuse scène.


Goran Bregovic: Ederlezi ou
(Parce que Le Temps des Gitans est enfin sorti en dvd)

# Posté le samedi 09 juin 2007 16:23

Modifié le mardi 19 juin 2007 12:55

"Etais-je aveugle et sourd ou fallait-il nécessairement la lumière d'un malheur pour m'éclairer sur ma vraie nature?"

"Etais-je aveugle et sourd ou fallait-il nécessairement la lumière d'un malheur pour m'éclairer sur ma vraie nature?"
Je reviens de voir Le Scaphandre et le papillon de Julian Schnabel, libre adaptation du roman de Jean-Dominique Bauby...

C'était bien. Mais je m'attendais à mieux. Attention, je ne vais pas dire que je suis déçue, hein, non, mais c'était... bien, voilà: ni trop mièvre ni trop caricatural. Au contraire, je trouve que le réalisateur a très bien rendu ce sentiment d'opression qu'a pu ressentir le pauvre homme de son vivant. "Prisonnier de son corps" est en effet une expression qui correspond bien au tragique de la situation... Un simple battement de cils comme seul langage pour tenter de faire comprendre au monde ce que nous ressentons... Dicter son calvaire lettre par lettre. Ne pas pouvoir crier son désespoir. Ne plus pouvoir même embrasser ou serrer ses enfants dans ses bras... C'est terrible, vraiment.

Mathieu Amalric m'avait déjà littéralement coupé le souffle dans le rôle de l'extravagant et du poétique Ismaël dans Rois et reine d'Arnaud Desplechin, mais là, je dois reconnaître qu'il est tout simplement sublime au possible, au sommet de son art. Exprimer toute la détresse d'un homme à travers la seule partie mobile de son corps, à savoir, son oeil, ça a un nom: le talent à l'état pur.

Je n'ai pas pu m'empêcher de le comparer au génialissime
Mar Adentro d'Alejandro Amenabar, forcément. Il faut dire que les deux films se ressemblent par certains aspects: tous deux sont tirés d'histoires vraies, en outre celles de Jean-Dominique Bauby et Ramon Sampedro, deux hommes frappés par le malheur, paralysés à vie (l'un tétraplégique, l'autre atteint du syndrome de locked-in), mais hélas pleinement conscients, et ce jusqu'au bout, de leur condition. Ce qui est frappant, c'est que là encore, comme c'était le cas dans Mar Adentro, les femmes tiennent un rôle important dans la vie de ces hommes, ce sont à travers elles que les réalisateurs ont aussi décidé de jeter un regard, ou ont appris à déchiffrer l'homme qu'elles ont connu.

La différence réside dans le fait que dans Le scaphandre et le papillon, Schnabel nous présente la vie avant l'AVC, et celle qui s'ensuit. Il nous expose les difficultés de continuer à vivre mais surtout de survivre avec ce handicap ; le personnage central est aussi le narrateur, nous sommes focalisés sur ses émotions et ses souvenirs et nous voyons aussi à travers ses yeux, passé et présent. Le futur n'est même pas envisageable.

Dans
Mar Adentro, Amenabar ne s'attarde pas sur le passé ou les difficultés au quotidien de Ramon, mais sur son combat pour mourir. Ce n'est pas une oeuvre sentimentaliste, non, c'est l'histoire d'un homme qui réclame son droit de pouvoir mettre fin à une vie qu'il n'a pas choisie. Et si Ramon est aussi parfois narrateur, le réalisateur a ici choisi de montrer les difficultés éprouvées par tous les autres personnages également présents autour de lui dans son combat pour mourir, et là encore, plus particulièrement à travers les femmes.

Néanmoins, il faut quand même noter ici que
Javier Bardem et Mathieu Amalric sont tous deux des acteurs admirables et bourrés de talent, criants de vérité dans leurs rôles respectifs.
Enfin, différence primordiale: si, dans Le scaphandre et le papillon, j'ai failli verser une larme, j'ai en revanche chialé comme une merde devant Mar Adentro... A vous de juger.

"Je considère que vivre est un droit, pas une obligation, comme ça l'a été pour moi, contraint d'endurer cette pénible situation durant 28 ans, 4 mois et quelques jours. Après tout ce temps, je dresse le bilan du chemin parcouru sans y trouver mon compte de bonheur. Seul le temps, qui s'est écoulé contre ma volonté durant presque toute ma vie, sera désormais mon allié. Seule le temps et l'évolution des consciences pourront dire si ma requête était raisonnable, ou pas."

*A noter également l'apparition de Niels Arestrup, touchant et toujours aussi juste...


Montage by: Ma gueule
Modèles: Sampedro/Bauby. Même souffrance, mais un entourage présent...


Muse: Sunburn

# Posté le samedi 02 juin 2007 16:13

[[En construction]]

En fait, on reste désespérément seul face à la mort. On sait que ça arrivera fatalement, mais une fois que nous y sommes confrontés, que l'on soit percuté par une bagnole un premier mai de juin, que l'on meure avant même d'être né, ou que l'on "[pourrisse] à l'hospice, [à] finir en se pissant dessus dans la misère", c'est toujours pareil, on est tout seul face à l'inconnu, l'angoisse est la même ; peu importe le nombre de personnes qui vous entoureront en vous rassurant à l'aide de quelques paroles qui se veulent réconfortantes, ou en vous tenant la main en attendant qu'elle devienne inerte et glacée, on est seul...

C'est triste. Sans doute cette peur de l'inconnu et ce chemin à parcourir sans autre guide que soi nous angoissent-ils au point d' "effacer" notre mort de notre conscience, pour mieux nous concentrer sur l'avenir et donc sur le moment présent... Cette pensée de disparaître et donc de mettre un terme au peu que nous avons vécu et ce qu'il nous reste à vivre nous effraie tellement que nous préférons ne plus y penser et donc exclure la mort de notre vie. Une forme d'immortalité en quelque sorte.

Moi ce n'est pas ma mort qui m'effraie le plus (quoique ça m'a valu de nombreuses nuits d'insomnie, crises de larmes et cogitages déprimants en tous genre), mais celle des autres. Je suis une dépendante affective, j'ai besoin de me sentir aimée, acceptée, voire utile en permanence. Alors, quand une personne chère à vos yeux disparaît, c'est comme si un de vos raccords au monde se rompait. C'est pas tant la mort, c'est l'absence de l'autre qui est terrible. Savoir qu'on ne l'entendra plus se foutre de la gueule d'une équipe de foot, savoir qu'on n'aura plus personne avec qui parler italien... Savoir.

Au fond, c'est profondément égoïste, chacun veut emmagasiner un maximum de souvenirs, et rendre hommage au disparu. A travers la mort des autres, c'est encore là une manière de se mettre en avant en disant que nous aussi, on a connu cette personne et que oui, on était proches, mais aussi de rappeller que nous, nous sommes toujours vivant. Et qu'on y a survécu.

C'est terrible.

Il faudra que je mette quelques extraits de Ceux qui m'aiment prendront le train, parce que je trouve que c'est un film qui traite très bien de cet aspect du deuil, des retrouvailles d'une famille décomposée autour d'un cercueil. Les vérités éclatent enfin, après tant d'années, les langues se délient. C'est malsain, mais c'est juste.

[Je modifierai cet article ultérieurement, parcequ'il est vraiment à chier.]


Image by: Domas
Modèle: Si tu as peur de la mort, n'écoute pas ton coeur battre la nuit...


Saez: La Prière (Georges Brassens)
[[En construction]]

# Posté le samedi 02 juin 2007 05:33

Modifié le samedi 02 juin 2007 06:44

<|J'ai toujours compté sur la bonté des inconnus|> (Skyblog m'a effacé mon article ! Enflures ! Salauds !)

<|J'ai toujours compté sur la bonté des inconnus|> (Skyblog m’a effacé mon article ! Enflures ! Salauds !)
Journée ordinaire dans une vie ordinaire. Et pourtant. Cette semaine, je me suis rendue à la fuck pour rapporter toute la paperasse pour mon stage. Et sur qui je tombe ? Je vous le donne en mille, mon directeur de promo :

« Bonjour, sa va ? »
« Plutôt bien, et vous ? »
« Assez, je viens juste de terminer de corriger tous les dossiers, et j'ai d'ailleurs terminé par le vôtre... »
« ... Et sa vous a laissé une bonne impression ? »
« Voyez par vous-même... »
...
Regard vers le panneau d'affichage... Et là, je ne peux en croire mes yeux.
...
« Naaaaaan ?! » (Regard interloqué d'une poule ayant découvert son reflet)
« Eh bien si ! » (Sourire paternel)
« OH MON DIEU ! » (Expression typique d'une athée voyant un miracle s'étant produit sous ses yeux)
« C'est la première fois que je mets vingt sur vingt à une élève de première année. Mes félicitations, c'est un excellent travail. » (LA tape sur l'épaule)
...

Et je ne me souviens plus très bien de la suite... La vérité, c'est que j'ai jamais aimé les compliments, et d'autant plus quand ils sont sincères : ça a tendance à me mettre très mal à l'aise, je ne sais jamais quoi répondre à part balbutier un « merci » ou pratiquer l'autodérision, et je n'aime pas susciter un quelconque sentiment d'envie voire de jalousie (Parano, moi ? Du tout...). Mais comment vous dire qu'à ce moment là, je me fichais du regard que les autres pouvaient porter sur moi (en même temps, y avait personne, gné), comment vous dire qu'à cet instant précis, ce n'était pas seulement de la fierté qui faisait battre mon c½ur, mais avant tout le bonheur d'avoir enfin acquis la reconnaissance de quelqu'un ?

[J'en aurais presque chialé, tiens]

J'ai enfin lu le chef-d'½uvre de Manu Larcenet, les trois tomes de son Combat Ordinaire. Sa faisait un moment que ça me trottait dans la tête... Et je ne suis pas déçue, loin de là. C'est quelque chose de profondément humain qui vous cogne à l'âme... Et tellement simple à la fois... C'aurait pu s'appeller Une Vie. Marco, c'est moi, c'est vous, c'est un petit gars sans histoire qui se cherche toujours sans vraiment se trouver. Marco, c'est un homme qui a besoin des autres pour pouvoir vivre, et parfois faire des changements, la peur au ventre... C'est magnifique. Mais j'en parle mal. Je ne sais pas parler des autres. Voyez par vous-même, vous comprendrez...

[Irréversible de Gaspard Noé, c'est de la merde en pellicule. Et moi, les scènes de viol qui durent 10 minutes, je m'en passe volontiers, merci.]

Et Marion a appelé. Elle va bien. Elle passera sans doute ici fin août. J'suis heureuse. On a évoqué les souvenirs d'Ardèche, sans eau ni gaz, et ceux d'Angleterre, entre les sandwiches dégueus au beurre de cacahuète/concombre et la découverte de la fascination et la pratique macabres d'une amie pour l'automutilation... C'était fun.

[Elle me manque]


Image by : Domas
Modèle : Vous avez déjà eu ce sentiment de vous sentir moins que rien ?


Young-Wuk Cho: The Last Waltz

# Posté le vendredi 01 juin 2007 13:04

Modifié le dimanche 03 juin 2007 08:29