Exutoire du soir, bonsoir...


Après cette brève période de foirage, dépression et reconstruction, j'ai décidé de me reprendre en main. Je vais pour la première fois tenter de tenir mes résolutions, celles-ci n'ayant rien à voir avec la nouvelle année, mais marquant la fin de la période du Sous-Moi (si Freud m'entendait...).
Le Moi nouveau arrive, je considère mon existence chaque jour sous un oeil nouveau, repassant la bande usée de mon Nagra, tous ces épisodes foireux ou heureux, que j'analyse, dissèque, assimile. C'est fini.
J'ai lu, et revu Trainspotting. Je voudrais tant être Renton, choisir de ne pas choisir la vie, choisir Autre Chose... Reste à trouver cet Autre, personne, objet, but ou quoi que ce soit. Je fais une analyse sur Moi, une sorte d'auto-thérapie, je suis en train de toucher une corde sensible, je la sens vibrer et résonner en moi. Je pressens également que quelque chose de terrible est sur le point de se produire, je ne sais pas encore bien quoi.
Je vais tenter de me trouver, de ne plus faire semblant, détacher le masque et montrer enfin qui je suis vraiment. Oublier ces regards moqueurs et méprisants dans la rue, dans ma promo et partout ailleurs. Arrêter d'espérer quoi que ce soit des hommes autres. Arrêter de donner et d'attendre (qui?quoi?) en retour. Me débarrasser de cette naïveté enfantine infantile selon laquelle tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Moi aussi j'ai besoin de recevoir, de sentir et ressentir.
J'en ai marre d'être la fille sur qui on déverse tout son malheur, je voudrais pouvoir parler à mon tour et être entendue écoutée. Un peu d'égoïsme, c'est un minimum pour survivre. Mademoiselle Eponge s'essorre de toute cette merde emmagasinée depuis des lustres, Madame Rêve en a marre de ce petit carnet bleu muet à ses plaintes, Madame Marginale en a marre d'entendre des louanges sur son propre compte pour au final finir désespérément seule.
Je voudrais n'en avoir plus rien à foutre et vivre ma vie comme je l'entends. Pour ça, il faudrait que je sois moins dépendante. Mais j'ai besoin du regard des autres pour avancer. Mon Moi n'est pas encore accompli, encore faut-il qu'il le soit un jour. Je sens que ça approche. J'ai des moments de lucidité, le soir sous mes draps ou le matin, en regardant les gouttes d'eau de la douche glisser le long de mon corps nu: je sens que j'approche de la Vérité.
Mais on ne sait jamais réellement qui on est. On est un ensemble de choses, de références. On se construit à travers le monde: personne n'est quelqu'un à part entière. Juste un amas de références qui donneront l'illusion de nous construire notre propre personnalité. Finalement, on n'échappe jamais aux Autres. Choisir. Choisir... C'est un engrenage. On n'a jamais vraiment le choix.

Vidéo by: Tom Tykwer, Faubourg Saint-Denis, Paris, je t'aime

Jacques Brel: Amsterdam

# Posté le samedi 12 janvier 2008 11:56

Modifié le dimanche 13 janvier 2008 10:12

Lui Je déteste ma vie.

Lui Je déteste ma vie.
Sa peau sous mes doigts, ses baisers fougueux, sur la bouche, mais pas que.
Au creux du cou, sur la clavicule gauche, ou au coin de l'oreille droite...
Me sentir mourir à petit feu quand il m'enlace si fort.
Sentir sa tête sur mon sein, sentiment de plénitude quand nous avons fait l'amour.
Se dire dans ces moments-là que tout est possible.
Que le bonheur est à portée de main.
Ses yeux dans les miens, sa main traçant son périmètre touristique sur mon corps.
Son odeur est ancrée en moi, sur mes draps, dans ma tête.
Ne pense qu'à Lui, ne pense que pour Lui.
7 ans qu'on se tourne autour, et aujourd'hui, ça se concrétise enfin.
Je sais que je ne devrais pas m'emballer, mais...
Mais.

Pourquoi mon coeur bat-il si vite?

[EDIT]

Je le savais putain, je le savais.
Envie de vomir.
Peur de finir seule.
Sois forte.

Pix by: Ma gueule
Modèle: Au détour de...


Iggy Pop: In the death car

# Posté le samedi 05 janvier 2008 10:22

Modifié le mardi 08 janvier 2008 05:59

Putain, un an!

12 mois
52 semaines
365 jours
8760 heures
525 600 minutes
31 536 000 secondes
...

Advienne que pourra.
Putain, un an!

# Posté le mercredi 26 décembre 2007 07:54

L'élégance du hérisson (essai provisoire)

L'élégance du hérisson (essai provisoire)
Elle.

Elle ne dit jamais rien. En fait, elle ne manie pas bien l'art de la conversation. Elle se sent constamment stupide face aux étrangers. Même à sa coiffeuse, elle ne sait plus quoi lui raconter, c'est vous dire. Elle est un peu dyslexique sur les bords. Pas sa faute. Le peu de fois où elle se décide vraiment à parler, c'est que le sujet lui tient à c½ur. Mais voilà, les mots arrivent tous en même temps et se bousculent pour sortir, provoquant des bouillies infâmes d'onomatopées. Ou pire, elle ne trouve plus ses mots. Alors elle ne parle plus.
Avant, elle se confiait à son petit carnet bleu. Sage résolution : elle avait décidé d'y noter chacun de ses rêves, ses impressions du moment ou les expressions qui lui plaisaient. Pensez-vous. Même ça, elle n'a pas été foutue de l'entretenir. Elle laisserait crever son chien si ses parents la laissaient seule. En fait, elle n'est pas foutue de faire quelque chose correctement. Pas parce qu'elle n'en a pas envie (quoique). Mais parce qu'elle est trop paresseuse. Ou qu'elle ne se donne pas les moyens.
Paradoxalement, elle est perfectionniste. En ce qui concerne les dossiers en groupe, faut pas l'emmerder avec ça. Elle passe toujours derrière les autres pour vérifier les fautes ou les oublis, c'est toujours elle qui imprime tout, la pauvre tarte. Elle veut tout bien faire, même si elle sait que c'est médiocre. Alors pour y remédier elle se fait des listes qu'elle ne tiendra pas jusqu'au début.
Le pire, c'est la nuit. Elle se sent tellement seule qu'elle s'invente des histoires avec des « si », dans d'autres mondes, si elle-même était une autre. Dans son grand lit froid, seuls résonnent les bruits de la chaudière. Les battements de son c½ur, elle ne les entend même plus. Elle voudrait « que quelqu'un l'attende, quelque part » (oui, en plus elle a lu Gavalda, pitoyable hein ?).
Alors, elle se fait des amis virtuels et s'invente une personnalité qui n'est pas la sienne. Quand ceux-ci voudront la rencontrer en chair et en graisse (elle aime se rabaisser, pas pour se faire réconforter, mais il est vrai que son reflet nu dans la glace de la salle de bain lui fait détourner les yeux), ou vocalement au moins, elle passera pour la pire des merdes en prétextant n'importe quelle excuse. Pas qu'elle ait peur. Juste qu'elle se sent nulle. Les mots ne veulent pas sortir, elle préfère se contenter d'écouter et de hocher la tête. Sans trop regarder dans les yeux si possible, cette action l'effraie, elle se sent nue et vulnérable, ne sait plus où se mettre.
Ses amis ? Elle les aime, oui. Juste ce qu'il faut. En fait, elle n'a jamais vraiment eu d'amis, de ceux qu'on appelle souvent, quand ça ne va pas. Et quand ça va aussi. Ses amis, elle les voit tous les week-ends, toujours les mêmes questions, « on fait quoi ce soir ? ». On fait. On joue aux cartes avant l'âge, en buvant du jus d'orange parce qu'on conduit.
Elle, elle aimerait juste passer des soirées tranquilles avec d'autres gens, des étudiants comme elle qui auraient des passions, avec qui elle pourrait enfin partager. Parce que oui, bien qu'atteinte d'un gros complexe d'infériorité, la pauvre gamine se croit au fond bien supérieure à ses semblables sur le plan culture, du moins cinématographique. En même temps, c'est pas dur. Elle en a marre de passer pour l'élève modèle, celle à qui on demande en quelle salle on a cour, à quelle heure est le partiel ou ce que veut dire syntagmatique.
Elle aimerait juste disparaître. Ou plutôt apparaître sous un autre jour. Être bien dans sa peau, un jour. Ses nouvelles fringues ? Allez savoir si elle assumera. En ce moment elle se dégoûte pas mal physiquement. Elle sait qu'elle n'aura personne avant un bout de temps, et ça la rend triste. Elle veut juste tomber amoureuse, c'est à peine si elle ne croit plus au père Noël.
Elle se met à « fantasmer » (le mot est sans doute trop fort : son imagination est aussi dense que la buée de son esprit) sur des Ludovic, des Colin ou des ..., bref, des aventures qu'elle n'a jamais eu, aurait pu avoir, ou n'aura jamais. Carpe Diem... Tu parles.
Telle est sa vie.

Et là, noël arrive. Et ça la rend triste.


Pix by: Elle
Modèle: L'autre


Aimee Mann: One

# Posté le mardi 18 décembre 2007 14:02

Modifié le mardi 18 décembre 2007 19:14

Voudrais.

Voudrais.
J'arrive plus à écrire. Que ce soit quelque chose de concret ou de pas trop moche tu vois, un truc agréable pour les yeux et pour le coeur, j'y arrive pas. Je déteste ce genre de phase où tu te retrouves subitement confrontée à une réalité que tu t'évertuais à repousser : celle qui te rappelle que tu n'as aucune facilité (oui, j'ai appris dernièrement que le mot "talent" ne devait pas être employé à la légère) dans aucun domaine.
Merde, j'me sens inutile, je passe par plein de sentiments aussi violents et aussi éloignés les uns des autres, et il m'est impossible d'apposer ne serait-ce qu'une phrase sur ce qui me turlupine (j'aime ce mot). J'y arrive plus, je me consacre à ce petit carnet bleu tout moche et mal écrit dans lequel je note des bribes de pensées broyées au mixeur mélancolique.
Le concours sur le SIDA, je pourrai pas le faire. Je suis tellement peu sûre de moi que je n'ai plus aucune personnalité, me contente de piocher çà et là des mots que je trouve beaux, et de les citer dans le désordre pour donner l'illusion d'une pseudo culture idyllique que je n'ai pas. C'est vachement frustrant au fond, on se rend pas compte. Syndrôme de la page blanche? Non, c'est plus compliqué que ça : syndrôme de la perte de soi. Remplacement et remplissage par une culture panthéon. C'est de la boulimie à ce stade. Je préfère me contenter de lire les mots des autres.
J'adore le bruit de la pluie sur le velux, c'est agréable et je trouve ce son merveilleusement beau, comme une berceuse... Mélancolie positive. J'ai dormi 10 heures cette nuit. Quand je me suis réveillée, Léo Ferré tournait en boucle sur la chaîne, assourdissant (quand ma mère fait le ménage, c'est soit sur du Ferré, soit du Brel). La solitude, mouais, on pouvait guère faire mieux.
J'me sens seule, ça en devient désespérant, mon portable reste obstinément figé, je le soupçonne de me bouder, lui aussi. On dirait un p'tit chiot abandonné sur una aire d'autoroute, manque juste la pancarte "adoptez-moi", parce que les yeux de chien battu, je les ai déjà... Non, j'en suis pas à faire les petites annonces, mais j'aime bien m'appitoyer sur ma situation quand je ne fais rien pour que cela cesse, c'est profondément hyppocrite.
J'aime bien quand certaines personnes reprennent contact, celles qu'on a plus vu depuis longtemps ou que l'on connait à peine. Je sais pas, c'est con mais ça me fait sourire. Un texto, des photos, une bonne nouvelle, l'idée qu'on puisse se revoir autour d'un demi en évoquant le tout et le rien, les couples guimauve et l'amendement Mariani...
Cantat est sorti, Guy Môquet n'a rien demandé à personne, nous entrons dans l'aire de la génétique, où l'ADN est roi, et je n'ai plus aucune motivation...
A part ça, je suis séronégative. C'est toujours ça.

Pix by: Ma gueule
Modèle: A nue.


Léo Ferré: La solitude

# Posté le vendredi 26 octobre 2007 07:36