La nuit je meurs.

J'ai mal à la musique, le coeur en peine.
Bashung est mort.
Bashung.
Mort.
On le savait, pourtant.
On a sans doute perdu l'un des derniers Grands de ce petit monde qu'est la chanson française.
L'un des derniers qui faisait rêver les dames, nous emportait sur des trains à travers la pleine les nuits d'insomnies.
L'un des derniers à ne pas nous faire regretter d'être nés trop tard.
L'un des derniers à écrire un sublime album, dernier salut, hommage vibrant, rideau.
Salut l'artiste, je regretterai toute ma vie de n'avoir pu te voir, ce 22 février.
Toute ma vie.

Vient alors la question:
Que nous reste-t-il?
# Posté le samedi 14 mars 2009 22:57

Amorphe

Amorphe
Encore de faux espoirs, de beaux moments, à la limite de la perfection, une suspension dans le temps, merveilleuse et onirique, belle et songeuse. Un instant magique, immuable et suspendu, dans cet immense parc à cette heure avancée de la nuit, où seuls les chouettes et les dealers sont de sortie.
Le frisson d'un baiser, le soupir d'un soulagement, le sourire des confidences, la chaleur de ses bras. Rien de plus.
J'espère trop sans doute, je retombe irrémédiablement dans le panneau... En fait non, c'est plutôt lui qui me tombe dessus, comme celui d'un chauffeur de salle pour émissions cyniques et déprimantes.
L'espoir s'est envolé, mon coeur se fait encore plus lourd, la faible lueur s'estompe sous le poids des doutes et des interrogations.

Je ne vais plus pleurer, je ne peux plus pleurer.

Mais n'empêche.
Pourquoi moi? Pourquoi dès que l'ombre d'un espoir, la promesse d'un bouleversement heureux et paisible se profile, faut-il ce retour de claques aussi violent que lâche?
J'aimerai tellement ne plus avoir de coeur.
Ne plus penser.
Ne plus avoir d'attaches avec qui que ce soit.
Danser, rire, sortir, baiser, sourire sans rien attendre en retour.
Vivre, simplement.




Mais rien n'est simple.
# Posté le dimanche 18 mai 2008 18:47
Modifié le mercredi 21 mai 2008 10:36

Femme au bord de la crise de nerfs

Femme au bord de la crise de nerfs
Me contenterai de rester dans la course sans tricher, sans mentir sur mon numéro de dossard, sans trop me casser la gueule finalement.
Crise d'existentialisme aigüe.
Je sombre dans le n'importe quoi.
Parano, déprime, solitude, ennui sont devenus mes maîtres-maux.
Et "anche libero va bene", n'en plus finir de verser des larmes pleines de bons sentiments devant ces pellicules visionnées, revues...
Un bébé-lumière dans 2001..., Strauss à plein volume sur l'univers offert.
"Le mur est tombé...", une simple phrase, un regard empli d'espoir et d'incertitude, agneau apeuré.
Portishead, la voix ensorcelante de Beth Gibbons.
Le Velvet Underground, les râles orgasmique de Lou Reed.
Sonic Youth, un murmure frissonnant...

C'est sûrement hormonal, une connerie dans le genre.
Ca passera, comme toujours.
# Posté le dimanche 13 avril 2008 20:26

Je me vois bien mourir l'année prochaine

Je me vois bien mourir l'année prochaine
Le stilnox me paralyse les sens, je ne contrôle plus rien, je laisse aller au fil du clavier, j'implose non j'explose je brise le masque mais en voilà un autre; en voilà à quoi j'en suis réduite!
Comment être en phase, comme être moi-même si je ne me connais même pas? Qui est cette fille dans mon miroir, l'oeil noir et le teint gris, qui est cette autre affalée sur le canapé, pensant être capable un jour de pouvoir dire que oui, la vie est belle parfois, au détour d'un arbre avant qu'il ne prenne la foudre, qui est-elle cette autre qui se sent minable et moins que rien, handicapée de l'amour, attardée des sentiments? Qui est-elle l'autre qui ne se sent jamais en cohésion avec personne? Ou si peu.
Qui est-elle, elle qui se cherche? Mais la vraie question est : se trouvera-t-elle? Et y a-t-il réellement quelque chose à découvrir, quelque parcelle de vérité qui nous fera avancer?
Foutaises.
J'ai beau creuser, il n'y a rien. Mes ongles sont sales et mes doigts saignent, mais il n'y a rien d'autre que de vulgaire masques. Ils me font peur autant qu'ils me consolent.
Voudrait sortir de moi, courir sur une plage, la nuit, et me laisser tomber, épuisée, pour regarder les étoiles. Et me fondre en elles.
Juste disparaître.

Je controle plus, je tiens plus debout, mes oreilles sifflent, Biolay dans mes veines, je bascule et je sombre...
# Posté le lundi 04 février 2008 18:21

Souvenirs à vendre!

Lundi, avant de prendre le stilnox qui allait m'entraîner vers les plus mauvais trips et hallucinations somnolentes malsaines en tous genres, j'ai regardé Jules et Jim sur Arte. Un classique, celui qui me manquait. Une révélation. C'est l'histoire de deux amis amoureux de la même femme, laquelle n'arrive pas à se décider lequel choisir. Jeanne Moreau est rayonnante dans le rôle de l'indomptable, l'incompréhensible Catherine.
Je voudrais être Catherine parfois. Rire au nez de la vie, me jeter dans la Seine sous le coup de l'impulsion, m'enfuir sans prévenir, être volage et insondable, mystérieuse et imprévisible. Incarner ce Carpe Diem qui me répulse.

"Je ne m'attache à rien, pourquoi je ne m'attache à rien?
J'aime l'automne, comme les feuilles libérées des branches, je ne m'attache à rien.
Des hommes me font vivre, l'un après l'autre.
Je n'ai même pas de réputation.
Je suis une feuille, aussi légère qu'une feuille."

Seulement, je ne laisse rien transparaître de ce que je pense ou ressens ; trop peur des jugements et des regards plaintifs ou condescendents. Ou au contraire, lorsqu'il me vient à espérer et alors trop attendre de l'autre, je deviens aussi limpide que de l'eau, et cette transparence me tue. Confidence ne veut pas dire soumission, mais cela effraie malgré tout.
Alors j'ai décidé d'emmerder les gens, je n'attends plus rien de personne, au moins je ne suis pas déçue. Je saute à pieds joints dans la vie, flaque boueuse, et j'éclabousse les murs immaculés de blanc de mon enfer personnel. Je fais la nique à ma propre existence, je laisse filer la bande de mon Nagra, mes doigts sur ce clavier, j'enregistre ma vie sur les vieilles cassettes trop usées des jours maussades, je regarde les hommes tomber et le reste du monde, perchée sur le toit de ma conscience, avec pour seule ambition d'y échapper sans pour autant en être exclue.
Un sentiment de cohésion marginale, somme toute.
Ah ah.

Cendrillon cherche chaussure. Je répète: Cendrillon cherche chaussure. Son coeur pied commence à saigner, point. Voudrait éviter amputation, over.

J'suis pasmalheureuse, non. J'suis juste enfin consciente de ce qu'est véritablement ma vie, et je m'en accomode, j'apprends à m'en contenter. Cette soudaine prise de conscience ne fut pas simple, et même parfois douloureuse. Aujourd'hui, je suis étrangement sereine. Je sais pas si on peut parler de "maturité", mais ce qui est sûr, c'est que j'arrive enfin à garder mes yeux ouverts sur le reste du monde, et non pas fixés sur la faille de mon esprit trop étroit. La crise d'adolescence est-elle enfin finie?

Bonjour, je m'appelle S., je vais avoir 20 ans, et ma vie a soudainement pris un sens.
Pourvu que ça dure.


Vidéo by: François Truffaut
Jules et Jim

Jeanne Moreau : Le Tourbillon de la Vie
# Posté le mercredi 23 janvier 2008 12:47